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Biosurveillance de la qualité de l'air dans les bureaux

 

Nous passons près de 90 % de notre temps à l’intérieur de lieux clos, y compris les bureaux administratifs dont les sources de pollution atmosphérique diffèrent par rapport aux logements, mais qui ont fait l’objet de relativement peu d’études jusqu’alors. Ce travail s’inscrit dans le contexte général de l’identification du risque potentiel pour la santé lié à ce type de locaux. L’objectif général est de développer une méthode d’évaluation des propriétés génotoxiques des polluants atmosphériques présents dans les bureaux.
Pour cela, des investigations ont été menées dans 10 bureaux de la région Nord-Pas de Calais en mesurant les paramètres de confort et les concentrations de 9 aldéhydes et de 20 autres composés organiques volatils (COV) et en les associant à l’observation des effets génotoxiques sur un modèle végétal : Scindapsus aureus. En parallèle, des informations concernant les bureaux (ventilation, aménagement, etc.) et les activités des occupants (aération, nombre d’occupants, ménage, etc.) pendant l’exposition ont été recueillies. Trois séries d’exposition d’une semaine ont eu lieu (hiver, printemps-été et automne 2011).

Ce travail a confirmé la faisabilité de l’utilisation de la biosurveillance végétale pour l’évaluation des risques sanitaires liés à la qualité de l’air intérieur dans le secteur tertiaire. Des effets génotoxiques ont été mis en évidence sur les végétaux mais ils sont modérés et restent dans la plupart des cas dans la gamme de ceux observés lors d’expositions de même nature dans d’autres environnements intérieurs. Ces effets sont corrélés avec les concentrations en benzène et toluène, mais la présence de ces deux polluants dans les bureaux ne justifie pas à elle seule les impacts génotoxiques observés, qui résultent de l’interaction des polluants présents en mélange dans les bureaux au cours des saisons.

D’autre part, les principaux problèmes identifiés suite à ce travail sont : une concentration en formaldéhyde souvent supérieure à la valeur guide de 10 µg/m3, et de fréquents épisodes où l’humidité relative est en dessous des valeurs recommandées (inférieure à 40 %). De façon générale, les résultats de cette étude ont montré que la pollution de l’air dans les bureaux est un phénomène complexe qui fait intervenir de nombreux facteurs liés à la physico-chimie des polluants mais également à l’équipement des bâtiments en terme de système de ventilation et au comportement des employés.
 

Contacts :

Marie-Amélie CUNY, Chargée d'études à l'APPA Nord-Pas de Calais

Damien CUNY, Professeur à la Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques de Lille 

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