Pourquoi Agir _
  • Une exposition quotidienne multiple
  • Des effets sanitaires
  • Les idées recues
Une exposition quotidienne multiple

L’air est une des composantes environnementales par lesquelles nous entrons en contact avec des polluants. Cette exposition vient s’ajouter à celles que nous subissons via d’autres voies (alimentation...). Nous respirons chaque jour 15 000 litres d’air et sommes ainsi exposés aux polluants qu’il contient dans tous nos milieux de vie (domicile, travail, déplacements...). Ces polluants peuvent avoir des effets néfastes sur l’appareil respiratoire, mais aussi sur les systèmes cardio-vasculaire et hormonal (cas des perturbateurs endocriniens). Les réponses sont variables entre les personnes, en fonction de leur sensibilité physiologique et de leur patrimoine génétique. La répétition des réactions inflammatoires provoquées par la pollution quotidienne peut entraîner des problèmes bronchiques chroniques, des accidents cardiaques et la survenue de cancers.

Même si la toxicité des polluants est connue pour chacun d’entre eux séparément, il est difficile d’évaluer le risque lié au cocktail de polluants qui nous entourent. Ainsi, il ne suffit pas de cumuler les effets provoqués par chaque composé, car la toxicité des polluants peut être modifiée, au contact des autres composés. Les situations de multi-expositions (tabagisme, exposition professionnelle : pollution automobile, solvants...) exacerbent les effets de la pollution atmosphérique et devraient donc être évitées.

Bien qu’individuellement le risque de développer une pathologie chronique en lien avec la pollution de l’air soit faible pour chacun d’entre nous, l’exposition de l’ensemble de la population à la pollution atmosphérique conduit à un impact sanitaire collectif important, qui conduit à placer la lutte contre la pollution atmosphérique, comme un élément de la politique de santé publique.

Des effets sanitaires

Les études toxicologiques et épidémiologiques mettent en évidence le lien direct entre l’exposition aux polluants atmosphériques (principalement les particules fines, l’ozone, les oxydes d’azote) et la santé, tant en termes de mortalité (décès prématurés) qu’en termes d’apparition et d’aggravation de maladies. Les effets à court terme se manifestent, en cas de pics de pollution, dans les jours ou les semaines suivant l’exposition, et se traduisent par une augmentation des hospitalisations pour des pathologies respiratoires et cardiovasculaires.
Ces études montrent également que des effets sur la santé sont observés, quel que soit le niveau de pollution, même très faible.
La pollution de l’air n’a pas seulement un effet immédiat sur les personnes les plus sensibles, mais impacte aussi sur le long terme, la qualité et l’espérance de vie (cancers, maladies chroniques : asthme, maladies cardiaques et respiratoires...) de toute la population

La mortalité liée à la pollution particulaire toujours aussi importante
Santé publique France a réalisé une évaluation quantitative de l’impact sanitaire (EQIS) de la pollution atmosphérique afin d’en estimer le poids sur la santé. L’étude de Santé publique France apporte une nouvelle estimation nationale du poids de la pollution par les particules fines PM2.52 en lien avec l’activité humaine3. Ces nouvelles données actualisent la dernière estimation publiée en 2000 dans l’étude européenne CAFE4 annonçant plus de 40 000 décès liés à la pollution en France. Estimé à 48 000 décès par an, confirmant le même ordre de grandeur que l’étude européenne.

La pollution de l’air n’affecte pas que les grandes villes
Si les effets de cette pollution sont plus importants dans les grandes villes, les villes moyennes et petites ainsi que les milieux ruraux sont aussi concernées :

dans les zones urbaines de plus de 100 000 habitants les résultats montrent, en moyenne, une perte de 15 mois d'espérance de vie à 30 ans du fait des PM2.5 ;
dans les zones entre 2000 et 100 000 habitants, la perte d’espérance de vie est de 10 mois en moyenne ;
dans les zones rurales, ce sont en moyenne 9 mois d'espérance vie qui sont estimés perdus.

Les idées recues

J’HABITE À LA CAMPAGNE, L’AIR Y EST PUR


FAUX

Les polluants atmosphériques se déplacent sur de longues distances, aussi bien à la ville qu’à la campagne. La pollution de l’air est causée par les sources naturelles (pollens, méthane, ...) mais le plus souvent, par des activités humaines. A la campagne aussi, différentes activités peuvent émettre des polluants dans l’air. A titre d’exemple, 15,5 % des émissions de particules fines PM10 sont rejetées dans l’air par l’agriculture et la sylviculture dans la région. Brûler ses déchets verts, pratique parfois observée en milieu rural, est également très polluante. De plus, la pollution émise en ville ou en zone industrielle peut se déplacer vers les campagnes, selon la direction du vent, entraînant des concentrations de polluants parfois plus élevées à la campagne qu’en ville.

J’HABITE À LA MER, L’AIR Y EST PUR


PAS TOUJOURS
Les activités portuaires sont souvent émettrices de polluants dans l’air. D’autre part, sur les littoraux, les phénomènes de brise de mer et de terre peuvent influencer la qualité de l’air en piégeant les polluants. En effet, au printemps ou en été, la brise de mer ramène, en journée, les polluants sur les côtes. La nuit, ce cycle s’inverse.

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LA POLLUTION DE L’AIR EST DUE AUX INDUSTRIES ET AUX VOITURES


PAS SEULEMENT
Bien qu’ayant une part importante dans les émissions de polluants atmosphériques, l’industrie et les transports routiers ne sont pas les seuls responsables de la pollution de l’air. Le chauffage, l’agriculture, les autres transports, les activités domestiques... sont eux aussi à l’origine des polluants.
Par exemple, près de 35 % des émissions de particules PM10 sont dues principalement aux chauffages individuels et collectifs.
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