PESTILOGE : une étude inédite révèle la présence de pesticides dans l’air et les poussières de nos logements

by in Actualité 23 janvier 2026

L’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs (OQEI), en partenariat avec le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) et l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES), a dévoilé en novembre 2025 les résultats de PESTILOGE, la première étude d’envergure nationale dédiée à la mesure des pesticides dans l’air intérieur et les poussières domestiques.

Réalisée entre 2020 et 2023 dans 571 logements répartis dans 84 départements, cette enquête apporte un éclairage inédit sur l’exposition des Français à ces substances au sein même de leur habitat.

Pourquoi s’intéresser aux pesticides dans les logements ?

Qu’ils proviennent du jardinage, de l’entretien du bois, de traitements contre les insectes ou encore de l’environnement extérieur, les pesticides peuvent s’accumuler dans l’air intérieur et les poussières. PESTILOGE vise à quantifier ces substances, à mieux comprendre les risques potentiels pour la santé et à identifier des leviers d’action pour améliorer la qualité des environnements intérieurs.

Ce que révèle l’étude : des pesticides détectés dans une majorité de logements

Dans l’air intérieur :

Plus de la moitié des pesticides recherchés n’ont pas été détectés ou très rarement.

Toutefois, certains composés apparaissent très fréquemment :

  • 4 pesticides détectés dans plus de 80 % des logements :

        o Insecticides : lindane, transfluthrine.

        o Répulsifs : DEET, icaridine.

  • Le chlorprophame (herbicide) est présent dans 70 % des logements.
  • Le folpel (fongicide) apparaît dans plus de 60 % des échantillons.

Pour le lindane ou la perméthrine, les concentrations mesurées sont même plus élevées en intérieur qu’en extérieur. Dans 5 % des logements, certains pesticides dépassent 10 ng/m³, sans qu’il existe aujourd’hui de seuils sanitaires permettant d’évaluer précisément le risque.

Dans les poussières :
Les poussières domestiques concentrent davantage de pesticides que l’air :

  • 13 substances détectées dans plus de 90 % des logements, dont :

        o Fongicides : boscalid, difénoconazole, tébuconazole…
        o Insecticides : acétamipride, cyperméthrine, imidaclopride, perméthrine.
        o Herbicides : glyphosate, terbutryne.
        o Répulsifs : DEET, icaridine.

Certaines concentrations atteignent 100 à 1 000 ng/g, notamment pour le glyphosate, la perméthrine ou le PBO. Là encore, aucun seuil sanitaire n’existe pour interpréter ces niveaux.

L’étude met également en évidence des facteurs d’influence :

  • La proximité d’une zone de culture et l’usage de produits pesticides à l’extérieur sont associés à une teneur en général plus importante de glyphosate dans les poussières.
  • L’usage de produits pesticides à l’intérieur est associé à une teneur en général plus importante de fipronil et de perméthrine dans les poussières.

PESTILOGE montre donc que des substances parfois restreintes ou interdites depuis plusieurs années restent détectables dans les logements.

Leur persistance souligne l’importance :

  • d’un entretien régulier (aspiration des poussières, nettoyage des surfaces).
  • d’une vigilance vis-à-vis des meubles anciens ou charpentes traitées avec des produits biocides aujourd’hui interdits.
  • d’éviter l’usage de vieux stocks de produits phytosanitaires ou biocides.

Pour aller plus loin retrouvez l’étude complète et les données détaillées sur le site de l’OQEI : https://www.oqei.fr/fr/campagnes-et-etudes/pestiloge