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Les injonctions de l’Europe et du Conseil d’État visant les dépassements des valeurs limites imposés pour les PM 10 et les NOx dans les principales métropoles françaises ont attiré l’attention des élus locaux. L’accélération des problèmes environnementaux incite les villes à devenir des laboratoires du climat puisqu’elles ont la capacité de mettre en oeuvre des politiques intégrant le climat, la qualité de l’air et l’énergie tout en favorisant la qualité de vie et la santé et en évitant les effets pervers induits par des politiques trop sectorielles.
Dès 2007, P.Richert¹ avait préconisé la mise en oeuvre d’une politique intégrée mais, depuis cette date, les politiques urbaines environnementales se sont heurtées à de nombreuses difficultés que cette journée scientifique voudrait mettre en lumière pour promouvoir des actions favorables à la qualité de l’air.
Il est vrai que la décarbonation de l’économie suscite des enjeux technologiques et financiers qui ont masqué le bénéfice sanitaire de la disparition programmée, à terme, des énergies fossiles.
Le rapport de de la cour des Comptes² présenté au public en décembre 2015 constate que « l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique et les mesures négociées au plan international pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre ont en effet été mis au premier rang des préoccupations. Et cette question du réchauffement climatique, essentielle à long terme, a paradoxalement occulté le problème de santé publique que pose à plus court terme la pollution de l’air ».

Globalement, la diminution de l’utilisation des énergies fossiles a des effets bénéfiques sur la santé des habitants ; des solutions vertueuses générant des « co-bénéfices » air/santé/climat existent : diminution de la mobilité motorisée, utilisation des énergies décarbonées, végétalisation des villes, circularité production/consommation d’énergie, réseaux de chaleur etc… L’implémentation de ces solutions dans les villes exige une vigilance attentive pour ne pas laisser se développer des effets pervers connus : chauffage au bois-pollution aux particules, densité urbaine et augmentation de l’îlot de chaleur, sécheresse/végétalisation, rénovation des habitats/ pollution intérieure. Ces contradictions rendent la tâche des élus bien difficile comme l’ont montré C.Michel et B.Kalahora³ pour les élus du littoral mais leur propos peut être tout à fait élargi à l’ensemble des élus locaux. Ceux-ci en effet, se trouvent confrontés à des choix difficiles et engageant l’avenir. Jamais les villes n’ont eu à gérer des contradictions aussi nombreuses dans un contexte en évolution incessante. Prises en tenaille entre l’évolution de la planète, l’État et les populations locales, les villes doivent prendre en considération les normes et réglementations (loi sur la résilience et le climat, loi sur le zéro artificialisation des sols, la loi Élan sur l’évolution du logement, de l’aménagement), les outils de gestion et de planification (la GIZC, le SCoT, le PAPI, la GEMAPI, les PLU, PPR, les directives européennes, etc.) produits par l’État et bien souvent en contradiction avec le contexte local et la rapidité des événements. Les relations, les flux, les systèmes sont fluides et s’opposent aux cartes et aux outils de planification qui s’appliquent aux territoires stabilisés d’hier. À qui se fier tant les controverses sont nombreuses et les solutions proposées le plus souvent contradictoires entre aménagement, ménagement et protection, méthodes douces ou dures de protection : encourager les innovations pour le bénéfice de tous et pas seulement d’une minorité, lutter contre les intérêts divergents des communes au sein d’une agglomération, construire des logements de qualité, sobres, sains et accessibles à tous, encourager la réindustrialisation sans augmenter ni l’artificialisation des sols ni les émissions polluantes.

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