Panorama de la santé 2025, Qualité de l’air : un déterminant majeur de la santé

by in Actualité 6 février 2026

Le Panorama de la santé 2025 publié par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) dresse un état des lieux comparatif de la santé des populations et des systèmes de santé dans les pays membres. Si l’espérance de vie repart globalement à la hausse après la crise sanitaire, le rapport rappelle que les déterminants environnementaux, et en particulier la pollution de l’air, continuent de peser lourdement sur la santé publique.

La pollution atmosphérique n’est pas seulement une grave menace pour l’environnement, elle entraîne aussi un large éventail de résultats nuisibles en matière de santé. Selon les projections de l’OCDE, la pollution de l’air (extérieur) pourrait entraîner de 6 à 9 millions de décès prématurés par an, à l’échelle mondiale, d’ici à 2060. En moyenne dans les pays de l’OCDE, les populations étaient exposées à 11,2 microgrammes de particules fines (PM2.5) par mètre cube en 2020. L’exposition à la pollution atmosphérique a diminué au fil du temps dans la plupart des pays, mais seul un pays, la Finlande, atteint des niveaux de pollution en PM2.5 inférieurs aux recommandations de l’OMS relatives à la qualité de l’air (inf à 5 μg par m3).

Prévenir plutôt que guérir : un levier encore insuffisamment mobilisé

Le rapport met en évidence un paradoxe persistant : alors que les bénéfices sanitaires d’une amélioration de la qualité de l’air sont largement documentés, les dépenses consacrées à la prévention ne représentent toujours qu’une part très limitée des dépenses de santé (environ 3 %). Or, agir sur la qualité de l’air extérieur et intérieur constitue un levier particulièrement intéressant avec un excellent rapport coût-efficacité, permettant de réduire durablement les maladies chroniques et les hospitalisations évitables.

Un enjeu d’équité sociale et territoriale

L’OCDE rappelle également que les populations les plus modestes sont souvent les plus exposées aux nuisances environnementales et cumulent davantage de problèmes de santé. La qualité de l’air devient ainsi un enjeu d’équité, appelant des politiques publiques intégrées, à la croisée de la santé, de l’urbanisme, du logement et des mobilités.

Intégrer la qualité de l’air dans les politiques publiques

Face au vieillissement de la population et à l’augmentation des maladies chroniques, le rapport insiste sur la nécessité de renforcer les actions de prévention tout au long de la vie. L’amélioration de la qualité de l’air, en particulier dans les territoires et les lieux de vie (logements, écoles, établissements recevant du public), apparaît comme une condition essentielle pour améliorer durablement la santé des populations et la soutenabilité des systèmes de santé.