Quelle réduction de la pollution atmosphérique viser pour obtenir des bénéfices sanitaires concrets ?

by in Actualité 2 juillet 2019

L’objectif de cette étude était d’étudier les bénéfices sanitaires et économiques ainsi que les inégalités sociales d’exposition résultant de plusieurs scénarios de réduction de l’exposition aux PM2,5, afin de contribuer à la prise de décisions en matière de politiques urbaines. L’étude a porté sur les villes de Grenoble et de Lyon, où l’exposition annuelle moyenne aux PM2,5 a été estimée. Les influences de l’exposition aux PM2.5 sur le décès, l’espérance de vie, la survenue d’un cancer du poumon, l’insuffisance pondérale à terme à la naissance ainsi que les coûts économiques pour la santé associés ont été estimés pour dix scénarios de réduction des PM2.5 différents. Sur la période 2015-2017, l’exposition moyenne aux PM2,5 était de 13,9 μg/m3 à Grenoble et de 15,3 μg/m3 à Lyon. L’exposition aux PM2,5 serait liée à Grenoble à 145 décès prématurés, 16 cas de cancers du poumon, 49 insuffisances pondérales à la naissance. A Lyon, l’exposition aux PM2.5 serait liée à 531 décès prématurés, 65 cancers du poumon et 193 insuffisances pondérales à la naissance. Les coûts associés s’élèvent à 495 (pour Grenoble) et 1767 (pour Lyon) millions d’euros par an pour les coûts immatériels liés à la mortalité non-accidentelle, toutes causes confondues, et 27 et 105 millions d’euros par an pour les coûts matériels et immatériels induits par le cancer du poumon. Réduire l’exposition aux PM2.5 de manière à ce qu’elle soit conforme à la directive de l’OMS sur la qualité de l’air (10 μg/m3) réduirait de moitié la mortalité attribuable aux PM2.5, tandis qu’il faudrait une réduction de 2,9 μg/m3 à Grenoble et de 3,3 μg/m3 à Lyon pour la réduire d’un tiers. Concernant l’efficacité des scénarios de réduction de l’exposition aux PM2.5, ceux ne ciblant que les zones les plus exposées à la pollution atmosphérique ont un impact prévu sur la santé de la population faible. Les scénarios visant à obtenir une exposition homogène à la pollution atmosphérique dans l’ensemble de la zone cible ont quant à eux été les plus efficaces pour réduire les inégalités sociales d’exposition. L’étude a donc permis d’estimer quelle réduction devait être visée pour diminuer d’un tiers ou plus la mortalité attribuable aux PM2.5. Cette étude, parce qu’elle a permis d’évaluer l’efficacité des scénarios de réduction de l’exposition aux PM2.5, peut aider à cibler les scénarios ayant le plus de chances d’être efficaces. Les chercheurs estiment que l’approche est facilement transposable à d’autres zones urbaines.

Retrouvez l’article complet en cliquant ici.

Références : Morelli X., Gabet S., Rieux C., Bouscasse H., Mathy S., Slama R. Which decreases in air pollution should be targeted to bring health and economic benefits and improve environmental justice?. Environment International, 2019, vol. 129, p. 538-550.

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