Résumé du Rapport de l’ANSES sur les particules de l’air ambiant extérieur

by in Actualité 22 juillet 2019

Sur le sujet des effets sanitaires des particules, le rapport de référence était jusqu’alors le rapport REVIHAAP (Review of EVIdence on Health Aspects of Air Pollution) publié par l’OMS en 2003. Ce rapport faisait un focus sur les particules PM10 et PM2, 5 et leur impact sanitaire. Depuis, de nombreuses études ont été publiées sur le sujet, d’où cette nouvelle synthèse alimentée par la littérature identifiée sur les bases de données PubMed et Scopus.

Une grille de lecture de ces différents articles, différenciés en études épidémiologiques, cliniques et expérimentales a été établie et a permis de les évaluer selon le niveau de confiance attribué à chacune d’entre elles. Au final, l’association entre chacun des polluants et l’effet sanitaire considéré a été considérée comme « forte », « modérée », « faible » ou « inadéquate » si le nombre d’études était trop limité pour apporter une conclusion.

L’évaluation a été faite dans un premier temps en fonction du composé chimique en cause et, dans un second temps, en fonction de la source de pollution.

Les composés chimiques d’intérêt ont été le carbone suie, le carbone organique, les particules ultrafines et les aérosols organiques ou non organiques secondaires. Le carbone suie appelé encore noir de carbone (« black carbone ») n’est pas émis sous forme pure (ou carbone élémentaire) mais en mélange lors de la combustion incomplète d’énergie fossile (fuel) et de biomasse (bois). Le carbone organique provient de la combustion mais aussi de processus atmosphériques et des émissions de la végétation.

Par rapport aux connaissances incluses dans le rapport REVIHAAP, le présent rapport a apporté des connaissances nouvelles. En ce qui concerne les suies, le rapport a montré un fort effet de ce polluant sur les hospitalisations de cause cardio-vasculaire et suggéré un effet de faible amplitude sur les maladies neurologiques de type démence et la santé périnatale. Il a confirmé l’effet modéré sur la mortalité et les hospitalisations de cause cardio-vasculaire en relation avec le taux de particules ultra-fines et le rôle délétère des sulfates et nitrates sur la santé cardio-vasculaire et la mortalité toutes causes. Le rapport a également abordé le rôle de polluants moins connus comme les métaux, la silice, les endotoxines et les composés responsables d’un stress oxydant. Concernant les métaux, nickel, zinc, vanadium et fer sont associés à un fort risque respiratoire et à un risque modéré cardio-vasculaire. Quant aux particules générant un stress oxydant, elles  sont liées à un risque faible, à court terme, à la fois respiratoire et cardio-vasculaire et à un faible risque respiratoire à long terme.

Il existe par ailleurs de vastes zones d’incertitudes, du fait de l’absence  ou de la pauvreté des données disponibles, notamment en ce qui concernent la relation des polluants avec le risque de démence, de diabète et de pathologie néo-natale.

En conclusion, ce rapport apporte des éléments nouveaux en ce qui concerne l’effet sanitaire en fonction de la nature et la taille des particules inhalées. Il présente de nouveaux arguments pour considérer que la simple mesure pondérale des particules atmosphériques représente un indicateur grossier qui devra être à l’avenir affiné d’une part par le dénombrement de ces particules, d’autre part par leur caractérisation chimique.

-Pr. Denis CHARPIN, Président de l’APPA

Pour lire le rapport de l’ANSES, cliquez ici.

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